mardi, novembre 04, 2008

Lien

Je choisis la soirée festive sans ordi, les médias internautiques étant tous en mode "minute par minute", je ne veux pas leur faire de l'ombre ;-)

Deux adresses : Le Courant et Rue 89.

En tout cas, ça s'annonce bien...et je mettrai demain des photos de la soirée démocrate à Cambridge, pour me faire pardonner!

lundi, novembre 03, 2008

Live blogging


Demain mardi, a partir de 21h (heure de Boston, soit 3h a Paris), je live bloggerai ici meme, en direct de la venerable universite d'Harvard, ou la soiree devrait etre animee.

D'autres bloggers, de renom ceux-la, seront sur les dents aussi, notemment au Courant.

A demain........

dimanche, novembre 02, 2008

Jet lag...


Vu de près, les choses sont toujours plus compliquées...

En sortant de l'avion, je m'attends à une déferlante de badges, d'affiches, de bénévoles quadrillant la moindre parcelle de NY? Je n'ai pas croisé une seule fois la tête du Sénateur de l'Illinois (ni d'ailleurs celle de McCain).

Je vais chez deux amies de gauche à Brooklyn, m'attend à les trouver enfievrées par le D-Day qui approche et la potentielle victoire historique du premier Président noir? Une sur les deux va voter Nader.

J'allume la télé, je me dis que tous les programmes doivent être tournés vers l'élection, des prédictions passionnées, des analyse des dernières prestations des candidats? On ne parle que du match Canadiens/Islanders (c'est du hockey sur glace, l'équipe de Montreal contre l'équipe de NY, et les premiers ont gagné 5-4).

Bon, tout ça, c'est peut-être parce que "c'est NY, et que de toute façon ici, c'est Obama qui l'emportera". N'empêche, l'impression que cette campagne, on s'en fait une montagne en France, alors qu'ici c'est business as usual.

Manière de rappeler que le taux de participation aux élections présidentielles US est toujours très faible, notamment chez les jeunes - qui pourtant voteraient majoritairement pour Obama, notamment dans les swing states.

To be continued...

jeudi, octobre 30, 2008

Live cartooning à l'Hotel de Ville




J'ai eu la chance de voir ce soir dans une très belle salle de l'Hotel de Ville une session de live cartooning de Plantu et Mike Luckovich (en cette douce période électorale, ça vaut vraiment le coup de passer du temps sur la page de ce dernier). Ce fût hilarant, comme il se doit.

C'était à l'occasion d'une "réception" (afin de ne pas plomber les comptes de la Ville, nous avons eu la délicatesse de partir avant le buffet) sur le thème "Paris, carrefour de la solidarité internationale". Rien de passionnant hormis la performance des deux dessinateurs (intervention de Pierre Schapira, du Directeur de l'AFD, du Président de Coordination SUD, etc), si ce n'est la remise du prix du concours de dessin de presse Coordination SUD/RFI/TV5/Cartooning for Peace "Regards du monde sur l'Europe". Et ça donne ça :



(le regard, tout est dans le regard...)

mardi, octobre 28, 2008

Allez, c'est promis...

...cette fois je rallume le blog.

D'abord parce que Juppé m'énerve toujours autant : ce rustre écrit sur son blog 1.0, à propos de Bertrand Delanoë présidant l'AG de l'association internationale des maires francophones, que celui-ci "se comporte bien". Un homo de gauche qui sait se tenir, voire présider une réunion internationale, ça se fête et ça vaut bien une ligne sur le blog de Môsieur le Maire, par ailleurs si distingué.

Ensuite, parce que les Jeunes Populaires (comprenez les jeunes de l'UMP) lancent leur nouveau site, qui ressemble fort à elysee.fr, mais qui n'en demeure pas moins graphiquement très bien fait, surtout face au site du MJS (encore moins participatif que celui des Jeunes Pop', soit dit en passant), des Jeunes verts ou des Jeunes MPF (mouarf). Par contre, Benjamin Lancar, qu'il va falloir apprendre à connaître, réinvente la révolution ("changer la société de l'intérieur") à grands coups de tête un peu partout dans le cadre de la caméra. Il arriverait presque à nous faire croire qu'acheter le Figaro, c'est déjà LA révolution. (nb : pour les narquois que je vois venir, non, je n'envisage pas de m'encarter, même si j'en conviens, la perspective d'aller tracter auprès de jolies élèves de CM1, euh pardon, de seconde, pourrait me faire rêver).

Enfin, parce que je devrais avoir le privilège de vivre les élections US en direct sur place, et que ne serait-ce que pour faire plaisir à Pxxxxx (il préfère garder l'anonymat :-), je me sens obligé de partager ça avec mes centaines de lecteurs.

Et en bonus, parce que c'est très bon :



puis :

mercredi, septembre 19, 2007

Hôpitaux: contre la démission du politique


En avril 2006, le « rapport Vallancien », du nom de son auteur, urologue réputé de la clinique Montsouris à Paris, recommandait la fermeture de 113 hôpitaux dits « de proximité » en France. Le 4 septembre 2007, Bernard Debré, non moins réputé médecin et Député de Paris, se fendait d’une tribune dans Le Monde, demandant la fermeture – ou la « modernisation » - de « 1000 de nos 3000 établissements ». Les raisons invoquées par ces tenants du courant de pensée dominant en matière de santé ?

Tout d’abord, la sécurité. Les petits hôpitaux, de par le faible nombre d’actes pratiqués à l’année, ne disposeraient pas du savoir-faire permettant d’assurer de bonnes conditions de sécurité aux patients. C’est omettre deux facteurs. Le premier tient à l’indicateur utilisé : le nombre d’actes par hôpital par an. En dessous d’un certain seuil (dont la définition n’a rien de scientifique et n’a donné lieu à aucun débat contradictoire), l’hôpital ne saurait plus opérer. C’est faire un bien grand honneur à nos établissements que de les personnaliser ainsi. Jusqu’à nouvel ordre, ce sont des chirurgiens qui opèrent, des sages-femmes qui assistent les futures mamans et les infirmières qui prodiguent des soins. Or, si l’on prend la peine d’étudier d’un peu plus près les réalités de terrain, on s’aperçoit que les professionnels de santé des petits hôpitaux présentent selon cet indicateur (le nombre d’actes/professionnel/an) un bien meilleur ratio que ceux des grands hôpitaux. Le second facteur occulté par les analyses rapides de nos « experts » relève du bon sens : dans certaines régions isolées, la fermeture d’un plateau technique parfois déjà éloigné rallonge les délais de prise en charge des patients (urgences, maternités) et augmente d’autant la prise de risque inhérente à ce trajet. Les palliatifs avancés, notamment par Guy Vallancien, comme le transport héliporté ou les SMUR, font sourire les professionnels de l’urgence,tant l’utilisation de tels moyens restent soumis à des conditions de luminosité et de météo.

Ensuite, le coût. L’hôpital représente 50% du budget de la Sécurité Sociale, qui souffre du déséquilibre budgétaire (dépenses trop importantes et recettes insuffisantes) que l’on connaît. Les plus petits plateaux techniques, « coûteux », devraient donc être fermés, afin de concentrer l’effort sur les hôpitaux de pointe. C’est oublier que plusieurs études montrent l’économie réalisée à rapprocher les possibilités de prise en charge des patients et que certaines pathologies (les actes les plus nombreux) ne demandent pas de matériel ultraperfectionné pour être prises en charge (appendicites, points de suture…).

Enfin, la pénurie de médecins et d’infirmières dans ces petits hôpitaux. On touche là à la démission du politique face à un état de fait. Quoi d’étonnant à ce que les professionnels, volontairement maintenus en sous-nombre via un numerus clausus inadapté, rechignent à exercer dans des établissements que l’on présente depuis de nombreuses années, à grand coups de rapports et de déclarations publiques, comme vouées à la fermeture ? Quoi d’étonnant à ce qu’en l’absence de mesure incitative et en vertu de la « liberté d’installation », les praticiens – généralistes comme spécialistes – choisissent les villes et le Sud ? S’il y a un domaine où le mot de planification a encore un sens, c’est bien en matière de santé. Les Français doivent être égaux face à la santé, le politique doit être le garant de cette égalité, et non celui qui constate un état de fait.

Le politique doit réinvestir massivement la santé, avant que des fractures irrémédiables n’apparaissent, dynamitant un corps social qui n’en a pas vraiment besoin. Les autorités administratives compétentes (les Agences Régionales d’Hospitalisation notamment) doivent être réformées afin d’assumer un véritable rôle de planification sanitaire, et de s’ouvrir à plus de concertation locale et d’évaluation des besoins. Un moratoire doit être déclaré sur les fermetures d’hôpitaux et de maternités, jusqu’à ce qu’un débat national vienne éclairer les choix qui sont fait, chaque jour, en matière de santé publique.

mardi, août 28, 2007

Sarkozy fait fausse route en Palestine


Le discours de polititque étrangère de notre président est tombé. Discours fleuve, dont on peut saluer l'aspect innovant et (plus ou moins) englobant.

Je me contenterai de quelques lignes à propos du passage sur Israël-Palestine. NS a l'honnêté de reconnaître que "tout a été dit, beaucoup a été tenté" sur le sujet. Le voeu pieux de "relancer sans délai une authentique dynamique de paix" est le minimum qu'un président français puisse formuler. Rien de bien original jusque là.

Non, le passage choquant est ailleurs. Alors que, plus loin dans le discours, NS souhaite que le "concert des nations" s'occupe "de la défense et de la promotion des droits de l'Homme et de la démocratie", la politique souhaitée par le Président dans les territoires palestiniens semble être un soutien inconditionnel "à l'Autorité palestinienne, sous l'autorité de son Président", Mahmoud Abbas, Fatah.

C'est oublier que les Palestiniens ne veulent plus de ce Fatah, ou du moins plus de ce Fatah là, représenté par Mahmoud Abbas et son entourage. Cela a été dit et redit, le vote Hamas représentait un vote contestataire, face à un pouvoir Fatah corrompu, usé et coupé du peuple (l'affaire du "ciment de Qoreï" est un exemple du type d'attitude des dirigeants Fatah qui ne passe plus).

En s'evertuant à soutenir le Fatah, en négligeant la société civile qui souffre, prise entre une Autorité Palestinienne en pleine dérive sécuritaire et un Hamas hostile aux activités d'éducation populaire, en inondant les territoires palestiniens d'aide humanitaire inadaptée tout en coupant l'électricité à Gaza, en marginalisant à tout prix le Hamas, la France et l'Union Européenne participent de tout leur poids à la lente descente aux enfers des territoires palestiniens. On pouvait toujours rêver la rupture...

Merci au Rêve andalou pour les emprunts, et à Bastien pour la photo.

samedi, juin 30, 2007

Des blogs intéressants pour juillet

Le blog de Claire, en stage à Ramallah depuis début juin (et jusqu'en octobre) et celui de Bastien, Matthieu, Stéphane, Anne-Lise et Charlène, qui passent leur mois de juillet un peu partout en Israël et dans les territoires.

Tout ça grâce à FFIPP, bien sûr!

mercredi, juin 13, 2007

Congés d'été


reprise des programmes en septembre, s'il y a des choses à dire, et si vous avez pas perdu l'adresse du blog. Bonnes vacances!

(je vais cependant recommencer à mettre des photos sur FlickR (à droite), vous pouvez aller voir si le coeur vous en dit: Californie, Palestine, Colo, Morvan....)

dimanche, juin 10, 2007

Sarko bourré?

Au G8, Sarkozy s'est distingué par son dynamisme et sa clarté!

Voir la vidéo.

samedi, juin 09, 2007

Les voix qui montent en Israël


Je reproduit un texte du blog d'Alain Gresh, très intéressant.

Abandonner le ghetto sioniste

Fils d’un dirigeant historique du Parti national relgieux (PNR) et ancien ministre de l’intérieur, Abraham Burg, un juif religieux, n’est pas n’importe qui, explique le journaliste de Haaretz, Ari Shavit, dans un article intitulé « Leaving the Zionist Ghetto » (Abandonner le ghetto sioniste) publié le 9 juin. Il a été, après 1982, proche de Shimon Peres, et un des grands espoirs du Parti travailliste. Il a été président de l’Agence juive, président du parlement et candidat à la direction du Parti travailliste. Il vient de publier un livre en Israël qui provoque un scandale, « Defeating Hitler » (Vaincre Hitler). Voici quelques extraits de son entretien avec Ari Shavit qui a été outré par les propos de Burg.

Q. Etes-vous toujours sioniste ?

R. « Je suis un être humain, je suis un juif et je suis un Israélien. Le sionisme a été un instrument pour me transporter de l’Etat juif à l’Etat d’Israël (to move me from the Jewish state of being to the Israeli state of being). C’est Ben Gourion qui déclarait que le mouvement sioniste était l’échafaudage pour construire une maison et que, après l’établissement de l’Etat, il devait disparaître. »

Q. Donc vous confirmez que vous n’êtes plus sioniste ?

R. « Lors du premier congrès sioniste, c’est le sionisme de Herzl qui a vaincu le sionisme d’Ahad Ha’am. Je pense que le XXIe siècle devrait être le siècle d’Ahad Ha’am. Nous devons abandonner Herzl et passer à Ahad Ha’am. »

Note de AG sur Ahad Ha’am, de son vrai nom Asher Tzvi Ginsberg (1856-1927). Fondateur de l’organisation des Amants de Sion et l’un des pères de littérature hébraïque, il met en doute l’idée que l’Etat juif est la solution idéale aux problèmes du peuple juif et prône, plutôt, la création en Palestine d’un centre spirituel. Il est aussi l’un des premiers à prendre conscience du "problème arabe". A l’issue de son premier voyage en Palestine, il écrit un article intitulé « Vérité de la terre d’Israël ». Il écrit : « Nous avons pris l’habitude de croire, hors d’Israël, que la terre d’Israël est aujourd’hui presque entièrement désertique, aride et inculte, et que quiconque veut y acheter des terres peut le faire sans entrave. Mais la vérité est tout autre. Dans tout le pays, il est dur de trouver des champs cultivables qui ne soient pas cultives. (...) Nous avons l’habitude de croire, hors d’Israël, que les Arabes sont tous des sauvages du désert, un peuple qui ressemble aux ânes, qu’ils ne voient ni ne comprennent ce qui se fait autour d’eux. Mais c’est là une grande erreur. L’Arabe, comme tous les fils de Sem, a une intelligence aiguë et rusée. (...) S’il advient un jour que la vie de notre peuple (les juifs) dans le pays d’Israël se développe au point de repousser, ne fût-ce qu’un tout petit peu, le peuple du pays, ce dernier n’abandonnera pas sa place facilement. »

Q. Cela signifie-t-il que vous ne trouvez plus la notion d’Etat juif acceptable ?

R. « Cela ne peut plus fonctionner. Définir l’Etat d’Israël comme un Etat juif est le début de la fin. Un Etat juif, c’est explosif, c’est de la dynamite. »

Q. Et un Etat juif démocratique ?

R. « Les gens trouvent cette notion confortable. Elle est belle. Elle est à l’eau de rose. Elle est nostalgique. Elle est rétro. Elle donne un sens de plénitude. Mais "démocratique-juif", c’est de la nitroglycérine. »

(...) Q. Est-ce que nous devons abandonner la Loi du retour ?

R. « Nous devons ouvrir la discussion. La Loi du retour est une loi, elle est une image en miroir de Hitler. Je ne veux pas que Hitler définisse mon identité. »

Interrogé sur le fait qu’il n’est pas seulement un post-sioniste mais aussi un anti-sioniste, il répond :

R. « Ahad Ha’am a reproché à Herzl que tout son sionisme avait sa source dans l’antisémitisme. Il pensait à autre chose, à Israël comme centre spirituel – ce point de vue n’est pas mort et il est temps qu’il revienne. Notre sionisme de confrontation avec le monde est un désastre. »

Q. Mais ce n’est pas seulement la question sioniste. Votre livre est anti-israélien, au sens le plus profond du terme. C’est un livre dont émane une répugnance à l’égard de l’israélité.

R. Quand j’étais un enfant, j’étais un juif. Dans le langage qui prévaut ici, un enfant juif. J’allais dans un heder [école religieuse]. D’anciens étudiants de la yeshiva y enseignaient. La langue, les signes, les odeurs, les goût, les places. Tout. Aujourd’hui, ce n’est pas assez pour moi. Je suis au-delà de l’israélité. Des trois identités qui me constituent – humaine, juive, israélienne – je sens que l’élément israélien me dépossède des deux autres.

(...) Q. Vous dites qu’Israël est un ghetto sioniste, impérialiste, une place brutale qui ne croit qu’en elle-même.

R. « Regardez la guerre du Liban. Les gens sont revenus du champ de bataille. Des choses ont été accomplies, d’autres ont échoué, il y a eu des révélations. Vous pourriez penser que les gens du centre (mainstream) et même de la droite comprendraient que l’armée voulait gagner et qu’elle n’a pas gagné. Que la force n’est pas la solution. Et puis on a Gaza, et quel est le discours sur Gaza ? Nous allons les écraser, nous allons les éradiquer. Rien n’a changé. Rien. Et ce n’est pas seulement nation contre nation. Regardez les relations entre les gens. Ecoutez les conversations personnelles. Le niveau de violences sur les routes, les déclarations des femmes battues. Regardez l’image d’Israël que renvoie le miroir. »

Q. Vous dites que le problème n’est pas seulement l’occupation. A vos yeux, Israël est une sorte d’horrible mutant.

R. « L’occupation n’est qu’une petite partie du problème. Israël est une société effrayante. Pour regarder la source de cette obsession de la force et pour l’éradiquer, vous devez affronter les peurs. Et la méta-peur, la peur primaire, ce sont les six millions de juifs qui sont morts avec l’holocauste. »

(...)

Q. Dans votre livre, nous ne sommes pas seulement des victimes du nazisme. Nous sommes presque des judéo-nazis. Vous êtes prudents. Vous ne dites pas qu’Israël est l’Allemagne nazie, mais vous n’en êtes pas loin. Vous dites qu’Israël est dans le stade de l’Allemagne pré-nazie.

R. « Oui. J’ai commencé mon livre par l’endroit le plus triste. Comme un deuil, mais un deuil d’Israël. Alors que j’écrivais, je pensais à un titre : "Hitler a gagné". Je pensais que tout était perdu. Mais, petit à petit, j’ai découvert que tout n’était pas perdu. Et j’ai découvert mon père comme représentant des juifs allemands, qui était en avance sur son temps. Ces deux thèmes nourrissent mon livre du début à la fin. A la fin, je deviens optimiste et la fin de mon livre est optimiste. »

Q. La fin est peut-être optimiste, mais tout au long du livre vous dressez un signe d’égalité entre Israël et l’Allemagne. Est-ce vraiment justifié ? Y-a-t-il une base suffisante pour cette analogie ?

R. « Ce n’est pas une science exacte, mais je vais vous donner quelques éléments qui s’inscrivent dans cette analogie : une grande sensibilité à l’insulte nationale ; un sentiment que le monde nous rejette ; une incompréhension aux pertes dans les guerres (unexplained losses in wars). Et, comme résultat, la centralité du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans notre société. Le nombre d’Israéliens armés dans la rue. Où est-ce que cette foule de gens armés va ? Les expressions hurlées dans la rue : "les Arabes dehors". »

vendredi, juin 08, 2007

Pas besoin d'aller bien loin


Un texte d'Angéline, qui travaille avec les Roms à Tours. Pour plus d'infos, romeurope.org.

Pas besoin d’aller bien loin…

Yougoslavie, hiver 1995. Ismet, Slobo et les autres quittent le Kosovo, sous les bombes qui les ont détruits et menacent leurs familles…
Tours, hiver 2007. Leurs enfants, Emra Yastreb et les autres, partagent avec moi le même amour de la danse. Une rencontre. 70 personnes, dont la moitié d’enfants vivent là, dans un ghetto de préfabriqués. 12 m² par famille. Un camp provisoirement installé par la mairie (en sursis de mois en mois) à 2km du premier bus, sur une plaine joliment appelée « la Gloriette ».
Autour d’un café, Romano Radio en fond, chacun me raconte son périple. Souada, 20 ans, enceinte, me raconte comment elle a laissé sa famille pour fuir avec celle de son mari. Et puis, il y a aussi Dalibor qui ne peut pas honorer le CDI qu’il a trouvé. Des dérogation de droit au travail existent pour les personnes non régularisées….au bon vouloir du préfet….et puis un couple dont la femme est gravement malade et qui a alors reçu un titre de séjour comme résidente étrangère malade. Elle a donc le droit de travailler… mais pas son mari. Puisqu’il est en pleine forme, il n’a pas eu ce titre de séjour…. Ou encore Isko 18 ans, qui vient de revenir de deux mois de rétention administrative, puisque contrôlé en situation irrégulière….

Mais qu’ont fait ces gens pour être dans cette situation ??? Ils sont Roms et viennent des Balkans. Un peuple qui, là-bas est rejeté, menacé de mort en permanence, aux villages brûlés ou rasés. Un peuple qui, ici non plus n’est pas le bienvenu. On leur reproche de ne pas entretenir la propreté de leur « site d’accueil », de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, de faire la fête aussi… Mais protégés par le Haut Commissariat aux Réfugiés, ces familles ne peuvent pas être renvoyées là-bas. « Non-expulsables », comme 60 000 autres personnes en France. On leur propose bien de les aider à rentrer, en leur octroyant une prime dès leur retour dans les Balkans. Une personne de confession juive par exemple, exilée en pays allier, aurait-elle en 1943, acceptée de rentrer en France, malgré une prime ?... Autant d’absurdités et d’impasses qui existent ici, au pays des droits de l’Homme…

Un peuple errant. Autrefois par choix, aujourd’hui par survie. Quel avenir pour ces personnes? Ce qu’ils demandent ? Pas grand-chose, juste un peu de dignité humaine. Le droit de travailler, un endroit où dormir un peu plus décemment et puis pouvoir amener leurs enfants à l’école. Vivre et subvenir aux besoins de leur famille, en somme.

Chacun se rejettent la faute. A quoi bon, ils sont là. Un jour peut-être l’Homme accueillera ses frères dans la dignité. Un jour peut-être. Ne pouvons-nous pas leur préserver un bout d’enfance malgré tout ce qu’ils ont pu subir ? Un espoir serein de grandir ? De vivre, Malgré tout.
En attendant, Antonella regarde pousser ses tomates, Nano et Alex jouent au ballon, Samuel me réclame une histoire, Emra chante, Zana et Dorlanda dansent pour des jours meilleurs …

jeudi, mai 31, 2007

Ici et ailleurs, ici


"Tu sors par la porte et tu rentres les fesses pleines de confiture. C'est incroyable. C'est incroyable."

Le costume est chic, bien qu'un peu passé, les cheveux sont soignés, le visage noble. Un bel homme, qu'on sent venir du "monde", d'un endroit où l'on respecte les conventions. Là, il n'est plus là. Ou plutôt il s'est fait de ce "là" non plus "le" monde, mais "son" monde. D'ailleurs, il fredonne Aznavour: "Emmenez moi, au pays des merveilles..."

Qu'est ce qui l'a fait partir, ce bel homme du RER C? On ne saura pas...

Un bon prélude à la semaine prochaine, au contact de la folie, pendant laquelle vous voudrez bien m'excuser de ne pas poster avec régularité.

lundi, mai 28, 2007

"C'est recommandable"


Je ne sais pas si j'ai déjà parlé de JR, photographe dont un projet a été (brièvement, voir le post précédent) exposé sur le Mur et ailleurs en Israël et Palestine.

En tout cas, il fait des belles photos, de tout, de tous et de partout, qu'il met en ligne sur son beau site.

PS: Et j'ai mis de la nouvelle musique! Things are getting better.

Le Mur, espace d'expression?


De nombreux projets artistico-politiques sont menés depuis 2004 pour lutter contre le Mur. Des trous en trompe-l’œil dans le Mur laissent voir le ciel bleu, l’horizon, la mer, ou simplement…un paysage d’oliviers, tel que visible avant l’érection des 8/9m de béton. Une petite fille accrochée à des ballons s’envole, Gandhi rappelle l’efficacité de la non-violence, JR colle des photos géantes, portraits croisés d’Israéliens et de Palestiniens.

Bien joli, tout ça. Faut dire qu’il y a de la surface à recouvrir… Pourtant, de plus en plus, les projets font long feu, et les fresques ou les photos sont recouvertes d’inscription ou arrachées. Par les Palestiniens. Alors, quoi ? Ils préfèrent un Mur tout gris ?

Il préfèreraient pas de Mur du tout, bien sûr. En attendant, hors de question que le Mur ne devienne un « bel » objet,. Peindre dessus, le décorer, pourrait contribuer à l’ancrer dans le paysage – dans la vie. D’un point de vue Palestinien, ce Mur doit demeurer une verrue dans le paysage, pour ne jamais oublier qu’il n’a rien à faire là.

Il est intéressant de noter que c’est l’inverse côté israélien, puisque partout où le Mur est visible par des populations juives, il est soit peint en trompe-l’œil, soit recouvert d’une couche de pierre de Jérusalem, pour lui donner un peu d’allure.



jeudi, mai 24, 2007

La Gauche, avec un grand G? (2)


Alors qu'Hollande ne se sollicitera pas de quatrième mandat à la tête du PS, infirmant probablement l'hypothèse selon laquelle il fonderait un grand parti de gauche pour contrebalancer l'UMP, l'idée de la Gauche rassemblée est reprise par Noël Mamère sur son site.

Bien placé pour parler puisqu'en tandem avec Naïma Charaï, militante socialiste, il invoque l'urgence de "pouvoir compter sur une Gauche combative, en mesure de s’exprimer à l’Assemblée, de résister et de proposer un autre projet de société ; celui qui a été défendu par les candidats de la Gauche au premier tour et par Ségolène Royal au deuxième tour."

"A l’Assemblée Nationale, c’est ce projet que je veux défendre, fondé sur des valeurs de solidarité, de protection, de redistribution de nos richesses et de tolérance ; un projet qui prône la paix civile et sociale contre la logique de l’affrontement : qui croit aux vertus de la responsabilité collective contre l’exaltation de la concurrence et du chacun pour soi ; qui revendique la laïcité comme rempart contre les dérives communautaristes ; qui oppose une société multiculturelle riche de sa diversité au ministère de l’Identité nationale, de l’Immigration et de l’Intégration ; qui défend les biens communs et le principe de précaution, désormais inscrit dans notre Constitution, contre les lobbies chimiques et agricoles qui polluent notre environnement, détruisent nos sols et éliminent nos paysans.", écrit-il.

Pourtant, le CNIR des Verts ("parlement") a rejeté dimanche l'offre du PS, pourtant généreuse au vu des résultats de D.Voynet. Une position qui "fait planer la menace de l’éclatement", selon Noël.

A suivre...

mardi, mai 22, 2007

Juppé l'écolo

J'ai du mal à comprendre comment Juppé, qui n'a pas réussi à mettre en place la collecte sélective des ordures à Bordeaux en 10 ans de Mairie (1995-2004 et depuis 2006) et 4 ans de présidence de la Communauté Urbaine (2001-2004), se retrouve propulsé au Ministère du développement durable, avec les ONG béates après son "Grenelle de l'environnement"...

Enfin, comme l'écrivait je ne sais plus quel blogueur, c'est un signe fort aux délinquants du pays tout entier: oui, la réinsertion est possible.

lundi, mai 21, 2007

La Gauche, avec un grand G?


Je ne sais pas si la vie est bien ou mal faite, mais pour mon premier tractage au nom du MJS dans ces législatives, je me suis retrouvé à distribuer des tracts...Noël Mamère. C'est que sur la 3ème circonscription de Gironde, Allelluia!, Verts et PS ont réussi à se mettre d'accord pour présenter une candidature unique de Noël, avec pour suppléante Naïma Cheraï, PS.

Bref, tout ça pour dire que je me suis retrouvé à écumer le marché avec le moustachu, star internationale en ses terres, et tout plein de Verts. Bon, moi qui avait joué mon départ discrètement, là je me suis retrouvé les pieds dans le plat. Sourires amusés des quelques "copains" qui se rappelaient de moi.

En fait j'ai passé plus de temps à discuter avec Clément, ancien Président des Verts Aquitaine, qu'à tracter (Noël gérait très bien son image et sa popularité tout seul!). Et tenez vous bien, il paraîtrait qu'Hollande prépare un grand parti, une "UMP de gauche", qu'il voudrait baptiser... "La Gauche". De DSK à Gayssot.

Je suis pour.

jeudi, mai 17, 2007

On croit que c'est fini...

Je passe la frontiere, assez facilement. Mythique, le soupir blase de la douaniere israelienne quand elle me demande, le doigt sur mon visa de Gaza, ce que je faisais en Israel et que je lui reponds, avec un grand sourire: "Backpacking, madam!". Les douaniers jordaniens sont plus penibles (et moins jolis). Mais tout ca s'arrange et je sors. Fin du voyage?

Non. Je me retrouve (ne me demandez pas comment, c'est complexe) dans une voiture avec un "Palestinien de 1948" (les Arabes qui sont restes chez eux et qui ont maintenant la nationalite israelienne) et un refugie originaire de Jenin, Cisjordanie, exile a Amman.

Les deux heures les plus dures du voyage, je crois. "Mon grand pere, qui est parti avec toute la famille a Amman en 1948, m'a montre des photos de notre maison a Haifa. Une superbe maison, tres grande, avec beaucoup de terrains agricoles dans la banlieue de la ville. J'y suis retourne. Elle existe encore, habitee depuis par des Juifs. Ma famille, ceux qui sont partis a Amman, vivent aujourd'hui a 8 dans 20 m2, sans terre. Ils sont censes penser quoi?"

L'autre, le refugie de Jenin: "Avant 1948, les Juifs, qui etaient la depuis longtemps, les Chretiens et les Musulmans vivaient tres bien ensemble. Chacun connaissait son voisin, tout le monde parlait l'arabe, travaillait ensemble... Mais les Juifs qui viennent de Pologne ou de Russie, que connaissent-ils de la Palestine? Que connaissent-ils de moi, en tant que Palestiniens? Pourquoi ont-ils plus de droits que moi sur ma terre?"

Le lendemain de la commemoration de la Naqba (la "catastrophe" de 1948), c'est un beau rappel que la question des refugies demeurent brulante, non pas seulement politiquement, mais humainement, pour les 7 millions de Palestiniens deplaces depuis 1967.

Des solutions, me demanderez vous? Eux n'en avaient pas. Moi non plus, ca se saurait.

mardi, mai 15, 2007

C'est fini...

C'est le depart pour la Jordanie demain. Prendre le bus israelien a Jerusalem, pour se rendre au point de passage le plus au nord (Sheikh Hussein)...en traversant la Cisjordanie, histoire de ne pas oublier l'occupation en partant.

On commemore aujourd'hui le 59eme anniversaire de la Naqba chez les Palestiniens et les Israeliens eclaires. Les autres celebrent le 40eme anniversaire de la "reunification de Jerusalem".

Moi je ne celebre rien, j'ai juste envie de dormir un peu, de boire de l'arak en fumant un narguile et en mangeant quelques baklavas.

Merci de m'avoir lu pendant cette periode palestinienne d'IR, qui devrait continuer a vivre, un peu bancal, un peu irregulier et lunatique...

Un peu incertain, finalement.