
Il y a quelques jours, la Chambre des Communes du Canada a reconnu le Québec comme une nation à part entière. Cette reconnaissance, qui fait couler beaucoup d'encre au Canada anglophone comme au Québec, est le fruit de la volonté du Premier Ministre fédéral conservateur, Stephen Harper, qui a ainsi voulu couper l'herbe sous le pied du Parti Libéral du Canada (fédéral aussi) qui s'apprêtait à voter une motion dans ce sens lors de son congrès de résurrection qui se tient en ce moment même.
Au Québec même, la résolution divise, entre les fédéralistes qui sont ravis et trouvent que c'est un progrès notable qui doit ramener les Québecois dans le giron de la fédération (puisque celle-ci reconnaît la spécificité du Québec, plus besoin d'indépendance) et les souverainistes qui ne voient là qu'un "caramel" jeté aux Québécois pour faire taire leurs ardeurs nationalistes.
Les enjeux de cette résolution, qui ne devrait pas se traduire par un transfert de compétences vers la Province, sont multiples: la motion reconnaît que "les Québécois forment une nation". Mais qu'est ce qu'un Québécois? Quelqu'un qui vit au Québec? Un francophone? Un descendant des colons français? Pourquoi les autochtones, reconnus en tant que "peuple" mais non en tant que nation, ne peuvent accèder à ce statut?
Pour les anglophones du reste du Canada, cette reconnaissance risque de rouvrir la boîte de Pandorre constitutionnelle. En effet, le Québec n'a pas reconnu la Constitution canadienne rapatriée en 1981, estimant qu'elle ne respecte pas "l'esprit constitutionnel de 1867" selon lequel (pour les souverainistes) le Québec aurait des compétences supérieures.
Bref, loin de faire taire la question de la souveraineté, il semble que le vote de cette motion la ravive, en cristallisant l'opposition des anglophones des autres Provinces (pour qui il est inconcevable que le Québec ait un statut différent au sein de la fédération) et celle des souverainistes.
